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8 octobre 2015 4 08 /10 /octobre /2015 09:12

Chronique d'une journée « ordinaire » en Géorgie du Sud

(et réponse à quelques questions qui pourraient nous être posées...)

6h30-7h

De sa cabine on entend, sur le pont, quelques pas effectués par les contemplatifs, qui pourraient signifier que l'heure de sortir qui de sa couette, qui de son sac de couchage, est venue. Température dans la cabine : 11°. La veille décision avait été prise de se faire poser par le zodiac sur la plage à 8h30. Pas de doute il faut se lever, enfiler son collant collant (pas lavé depuis quelques semaines maintenant), ses couches encore froides et plus très nettes, et vite aller prendre son petit déjeuner. Si on se lave avant de partir : non.S'il fait froid dans le carré : non, 17°. Si le petit déjeuner est bon : oui, très bon même ! Passe-moi le pain, aboule le muesli, la confiture s'il te plait merci, il n'y a plus de café mais une deuxième tournée est en préparation, arrivent ceux qui ont flemmardé cinq minutes de plus, il faut leur faire de la place, pousse-toi que je m'y mette, bien dormi Nadine ? Entre nous on est très courtois, très désireux que l'ambiance excellente (vraiment) reste aussi détendue, amicale, on entend même, déjà, quelques plaisanteries, plus de beurre mais si, il est à l'autre bout de la table, déjà c'est terminé, il y a ceux qui disparaissent très pressés..., ceux qui apparaissent très pressés aussi, le sac à dos déjà sur le dos, ceux qui cherchent leurs peaux de phoque, leurs gants, leurs appareils de photo qui sont à la charge, qui m'a piqué ma polaire...personne, on la retrouvera dans la couchette de Nadine, encore elle, charmante Nadine, toujours de bonne humeur, discrète, mais bon elle pique les polaires.

8h30

On entend tourner le moteur du zodiac, là cela ne rigole plus, enfourner ses chaussons de chaussures dans les coques récalcitrantes de celles-ci qui ont dormi dehors (comme Philippe, un type épatant, mais il ronfle méchamment, alors dehors il préfère faire chorus avec les éléphants et mer, et nous aussi d'ailleurs), mettre son baudrier, son ARVA, le zodiac a déjà effectué une rotation sur le lieu de débarquement parfois bien problématique (sur des rochers que les algues ont rendu plus glissants que la neige qui nous attend), le zod est déjà de retour, good bye Marie Paule, merci pour le thermos de thé, et nous voilà tous les huit à terre, attention aux otaries, il y en a partout et elles ne plaisantent pas quand on empiète sur leur territoire.

8h45 15h

On regarde, alentour le spectacle offert par les éléphants de mer dont on ne peut se lasser, coller les peaux sous les skis, et s'enquiller alors un long plateau avant de prendre de la hauteur, de regarder en arrière, de sortir les appareils de photos, Nadine (encore elle) fais attention à ton cadrage, regarde dans le viseur, la baie en premier plan, « Le Sourire » en second plan, mais comme déjà en miniature, les Alpes géorgiennes en arrière plan, grandioses, taillées par un sculpteur inspiré, et devant nous des combes, des cols, des sommets entre les lequels nous allons cheminer. On enlève une couche, on en rajoute vite une, cela souffle, tandis qu'il fait encore beau, mais pour combien de temps encore...On met les cales de montée, la neige est béton, les conversions parfois acrobatiques, plus nous montons plus la vue derrière nous est impressionnante, mais la pente à gravir l'est aussi, rester concentré, ne pas se planter, une heure, deux heures, trois heures, une pose thé et barres, nous voici au premier col, vite sortir les appareils de photos, Nadine (toujours elle) n'oublie pas la règle un tiers deux tiers, nos guides le sont aussi (guides) en la matière photographique, des types super complets, à nouveau une pose avant la première descente. Retirer les peaux, mettre skis et chaussures en position de descente,la neige toujours béton, bon là il nous disent (les guides) qu'on n'a pas droit à la chute. Ambiance. En bas, ce n'est pas compliqué, il n'y a plus qu'à remettre les peaux et c'est reparti pour une nouvelle montée, effectuée après un long parcours dans un joli enchaînement de vallons et de combes douces. Descente, celle-là aux petits oignons, neige de printemps, on a comme l'impression tout à coup d'être un grand skieur, les virages s'enchaînent, le bonheur.

Pose déjeuner dans l'herbe (la neige a beaucoup fondu depuis que nous sommes en Géorgie, on sort des sacs le jambon crû acheté à Santiago, le fromage qui vient d'Angleterre (…), une boîte de Laughing Cow, un peu de pain, et on commente la montée, la descente, la chance inestimable que nous avons de profiter d'une montagne vierge, celle d'avoir pu la regarder, la photographier, la raconter un jour. Tous nous sommes sur la même longueur d'onde, nous vivons des moments de découverte, de ski, de nature, de vie animalière, de mer, exceptionnels. Nous avons tous oublié internet, nos portables, la télévision...mais pas vous, surtout pas vous qui nous lisez (peut être...).

Nous repartons, nouvelle montée, nouvelle descente en neige de printemps, grands virages à satiété, déjà nous voici sur une autre plage, celle d'Husvik, « le Sourire » a effectué de son côté le parcours reliant la baie Carlita où nous étions ancrés hier soir pour y passer la nuit, à la baie de Stromness où nous nous trouvons. Nouvelle séquence animalière avant le le zodiac ne vienne nous reprendre, déjà nous sommes à bord, un thé nous attend, nous voici tous à nouveau autour de la table du carré, à commenter notre journée.

15h30-22h

Chacun vaque alors, range ses affaires, sieste, lit, dans l'attente de l'apéro saucisson-vin blanc chilien en attendant impatiemment le dîner. 22° dans le carré, ça chauffe...Ah, le dîner...Tenez, hier soir, rôti de filet de bœuf, du bœuf provenant de la ferme d'Hugues et Marie Paule, un délice de goût, de tendresse), un gratin dauphinois, une mayo (c'est la première que je faisais...j'étais en manque assez grave), une salade fraîche, une mousse au chocolat recette lyonnaise, vous en reprenez et tout le monde en reprend et pas une petite assiette, une grande, et surtout, surtout, des discussions-conversations-explications-narrations, d'une clarté que le mélange du blanc et du rouge également chilien rend d'une limpidité confondante, ponctuées des histoires à dormir debout et à coucher dehors racontées par Pascal, comédien-conteur inépuisable, au répertoire qui l'est également.

On n'est plus vraiment en mesure de parler de la journée du lendemain, vite dans sa cabine, pas surchauffée elle .Vous aimeriez savoir si on s'est lavé, si on se lave avant d'aller se coucher, c'est non, à peu près non, on verra demain, comme la météo...

PS : on m'appelle, le chauffe-eau donne à plein régime, aujourd'hui c'est shower day !

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Published by jeanguide
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