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28 octobre 2016 5 28 /10 /octobre /2016 12:36

Voila quelques jours que nous sommes redescendu dans les basses vallées Népalaises. 

Après un mois et demi de voyage en famille à travers le Ladakh, le Rajasthan et le Népal, Christian et Régis m'ont rejoint à Kathmandu avec l'idée d'aller skier sur les sommets bordants la frontière tibétaine au Nord du Manaslu. 

Pendant ce temps Christelle et les enfants en profitaient pour avancer scolairement et découvrir le Népal en se basant chez mon ami Pemba. Je les rejoindrai pour la suite du voyage à Pokhara.  

Le choix de la date de départ de l'expé était un peu conditionné par l'idée de skier et donc que la neige soit présente le plus bas possible.

Cette année la mousson, contrairement à l'année dernière est restée très active tardivement. Fin septembre il pleut presque tous les jours à Kathmandu. Dans les hautes vallées les intempéries ont ravagées certains accès.

Malheureusement en montant à Darapani j'apprenais qu'un ami guide UIAGM népalais, Dorjee Lama décédait dans une coulée de boue sur le chemin d'accès au Manaslu. Un autre ami, jeune "high altitude worker", Mimgma décédait dans une avalanche sur les pentes de l'Himlung Himal. Au début des années 2000 il avait commencé sa carrière de travailleur en altitude avec Ludo et moi. Depuis il courrait les expés avec l'organisation de Kobler-Partner. Père de 5 enfants, il laisse un grand vide financier pour ces enfants. Et puis bien sur je ne pouvais oublier que Ludo était décédé sur des pentes du Manaslu en 2012. 

Toutes ces nouvelles m'attristaient profondément. 

Pendant la marche d'approche je ne pouvais me détacher de ces pensées.

Monter là haut pour vivre ces belles images de montagne. Passer du temps sous la tente en attendant le lever de jour et frémir sous les premiers rayons de soleil. Rigoler dans la tente mess quand les réchauds à essence s'obstruaient et relâchaient une fumée plus acre et plus irrespirable que les tchuc tchuc indien. Attendre patiemment, rester confiant en attendant que la machine à "Himalayer" se mette en route.

Toutes ces sensation se faisaient envahir par ces disparitions. Ces souffrances familiales engendrées.

J'étais bien physiquement. Les mois passées avec la famille avaient été bénéfique. Mais il me fallait être fort pour chercher le sens à monter là haut. J'avais très très envie de grimper mais je ne voulais pas de ces risques liés à la neige. Il y a 20 ans quasiment jour pour jour Pemba me retrouvait sous la neige après que je sois partis dans une avalanche sur le sommet du Kang Guru. 

Miracle que Pemba est posé son pied sur moi enfoui sous la neige. Depuis la stabilité de la neige est ma hantise. 

En arrivant au camp de base. Le temps est beau le matin puis se couvre l'après midi. Nous consacrons les premiers jours à repérer. Au fil des jours le temps se dégrade et il se met à neiger régulièrement. 

Nous installons un camp à 5850m. Pendant la soirée il neige. A une heure du matin je redoute que la pente sous le camp ne charge trop et nous empêche toute retraite. Nous décidons de redescendre en pleine nuit. Une décision pas facile à prendre mais logique vu la configuration. 

Plier, ranger ses affaires et descendre à ski en pleine nuit dans la tempête de neige a une saveur particulière. Fuir pour mieux revenir. 

Après 2 jours de repos au CB nous remontons au camp puis à la faveur d'une éclaircie montons sur l'arête au dessus. Le relief se prête vraiment au ski. Si la météo veut bien basculer on devrait se faire plaisir. Malheureusement de nouveau la neige revient et s'accumule. 

Après 3 tentatives nous décidons de renoncer. Le vent d'ouest c'est levé et soulève d'immenses panaches de fumée. 

Lors de notre dernière remontée je me pose vraiment la question de l'engagement. Je me rappel de la pub d'un équipementier il y a quelques années qui valorisait celui qui était audacieux dans une pub. "Be BOLD" disait-il.

Qu'est ce qu'être audacieux ? Ce mot ne rime pas avec Inconscient. Pour être audacieux il faut être conscient à mon sens de la part d'incertitude. Se sentir en accord soit même avec cette incertitude et l'accepter. 

C'est vrai que toutes les grandes réalisations en Himalaya se sont faites avec audaces. Savoir persévérer quand on a plus envie. Etre pugnace. Serrer les dents quand c'est dur. Savoir endurer le froid, les chaussettes humides, les brulures du vent, la soif, la faim, les gelures.  

Mais là rien. Rien de tous çà. Juste une pente de 450m de haut à 35° que l'on en veut pas remonter.

Aujourd'hui nous avons fais demi tour.

Au retour nous sommes frustrer, énerver presque de se renoncement avec résignation. 

Mais là haut dans la pente, la raison était évidente. Pour rien au monde on ne voulait faire un pas de plus. 

Ces montagnes sont vraiment belles à skier. Le relief s'y prête vraiment. J'aimerai vraiment revenir un jour. 

En montant de Bimthang le pilier sud aussi à attirer mon Oeil. 2600m d'éperon ou se mêle arête de neige, goulotte, et partie de rocher. Surement un belle aventure à vivre haut percher. 

 

 

 

 

 

 

 

Retour de voyage en Altitude
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Published by jeanguide
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