Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
28 février 2022 1 28 /02 /février /2022 13:06
Voyages ski dans les Abruzzes - approche en train.
Une envie, un besoin ? Je ne sais pas. Surement un peu des deux !
Au fond de moi cela fait quelques années que cela me tara busque d’aller skier dans un massif « lointains » en prenant le train.
Assis dans le bus qui me ramène à la maison entre Aoste et Chamonix après avoir changé de train à Torino, je mesure la chance. Celle qui nous a mené dans les montagnes des Abruzzes – Celle qui m’a fait croiser le chemin de Marco – Celle qui a donné envie à la petite bande de me suivre.
Profondément j’aime les voyages en train et en bus. L’approche est légèrement plus longue mais tellement plus en chanteuse. Vraiment il n’y a pas photo. Passer 8 heures dans un train, à circuler entre les sièges pour aller boire une bière au wagon restaurant, à jouer aux cartes grâce aux sièges en carré, à tapoter sur l’ordi tout en surfant sur le net grâce au wifi est un régal. Et puis les paysages changent de minute en minute. Les arrêts dans les gares sont des surprises à chaque fois.
 

 

En 2017, avec mon pote Simon nous avions été skier en Péninsule de Kola. Des petites montagnes non loin de la mer de Barents. Pour rejoindre Apatity, nous étions partis de St Pétersbourg en train pour un voyage de 24h. J’avais adoré. En tassé dans les wagons trop petits pour loger tous nos bagages, particulièrement nos skis, chacun au fil des heures pris le parti de se laisser emmener par le temps. Nous savions que ce serait long, peut-être même monotone. Porter par le roulement lancinant des wagons sur les rails, on se laisse bercer. Assis sur nos couchettes, le dos un peu cassé en deux, il y a les mouvements parfois un peu brusques qui rappelle les changements de direction ou peut-être les imperfections des soudures entre les rails. Qui sait ? nous on se laisse emmener !!! On discute, on joue aux cartes, au regarde défiler les plaines Russes. Le train s’arrête souvent. Le billet indique l’arrivée mais aucunement tous les arrêts prévus. Et c’est tant mieux. Si nous l’avions su à l’avance peut être nous aurions envisagé de prendre l’avion. Quel dommage ! A chaque arrêt nous descendons négocier un pot de myrtilles au près des Babouchkas. Un peu de douceur dans ce froid bien dur. Pas de quai pour les gares. Nous descendons les marches du train comme une échelle tellement elles sont hautes, pour atterrir d’un saut sur la bande terre enneigée entre les deux voies. Les vendeurs à la sauvette sont là. Emmitouflés dans leur parka, chapka enfoncée, Ils espèrent alpaguer le Challans pour refourguer un petit sceau de confiture ou alors quelques morceaux de poisson séché. C’est bon, c’est doux et cela se mélange parfaitement. J’ai horreur des arêtes alors je m’applique du bout des lèvres à ne manger que les filets après les avoir trempés dans le pot.
Dans cette histoire je me suis un peu éloigné de l’Italie. Ce voyage en Russie était trop bien. Pas facile aujourd’hui d’affirmer cela vu le contexte géopolitique. Mais c'était une vraie réalité. D’autres voyages dans ce pays passionnant ont suivi. Sans train à mon regret.
Pour aller skier dans l’Altaï chinois, nous avions aussi pris le train à Urumqi pour une nuit de bercement.
Ces dernières années je me suis dit qu’il serait bien de tracer un cercle autour de chez moi et d’essayer dans ce cercle de rejoindre les montagnes en transport en commun. En voiture avec du covoiturage, en train mais aussi en bus. L’idée serait au fil des années, des saisons de tester les moyens de transports pour petit à petit agrandir ce cercle.
Les idées sont simples mais le reste ne l’est pas forcément. Derrière il y a la logistique à organiser : nous savons acheter facilement des billets d’avion a des prix imbattables en quelques clics. Par expérience nous savons négocier les suppléments de bagages. Mais pour les billets de train il y a des pièges. Je rêvais que notre petit groupe se retrouve dans une gare commune après un trajet chacun de chez soi. Mais finalement les connexions n’étaient pas simples. Trouver une gare commune afin d’avoir une partie du trajet ensemble est tout simplement impossible. Nous avons donc pris ce que l’on a pu trouver avec comme objectif se retrouver à Rome le samedi en fin d’après-midi. Certains venaient de Paris, d’autres de Grenoble, d’autre de Chambéry, d’autres d’Alsace. Un bon casse-tête. Je ne parle pas des prix pour la plus-part au moins dix fois supérieur à un vol. C’est comme ça, nous l’avons accepté car l’idée nous plaisait. Mais j’espère que le train ne deviendra pas un moyen de bobos fier d’haranguer le commun des voyageurs empêtré entre l’envie de découvrir et la conscience bien mise à mal.
 
Samedi 17.40 tous monde est là. Nous empilons nos sac et skis dans le minibus loué pour l’occasion. Mon ami Marco nous attend à Rieti, c’est avec lui que nous partagerons la semaine. Guides de haute Montagne dans les Abruzzes, il est surtout comme moi un guide des montagnes du monde. Je ne sais pas où il n’a pas voyagé. Je l’ai rencontré par mail il y a tout juste 10ans. Marco cherchait des infos pour skier en Iran. Depuis nous nous étions perdus de vue. L’année dernière il est venu à la maison pour parler du Tadjikistan.
« ma jean tu connais ce massif ? » « j’ai vou que tou avais été là-bas » « je voudrai allé skier sur la montagne Karl Marx »
Et non je ne connais pas le Karl Marx, seulement les montagnes de Fann ! Je me rappelle seulement des images tournées par Christophe Raylat. Je lui ai parlé de ce que j’avais fait dans ce pays - Il m’a parlé des montagnes de chez lui – Alors je lui ai promis de venir le voir l’hiver prochain.
En venant skier dans les Abruzzes je n’avais que peu d’idée des possibilités. Il existe un topo. Mais au risque de choquer j’ai horreur de lire des pages de descriptif, pour essayer de les reporter sur les cartes. J’adore me faire emmener. C’est un peu un comble pour un guide. Et pourtant. J’ai tellement besoin d’avoir les yeux ouverts, comprendre de visu à quoi ressemble le ou les massifs pour me projeter sur ce qui me plairait. Avec Marco c’est seulement simple.
 
Les Abruzzes sont une partie de la chaine des Apennins. Nous sommes partis sur l’idée de picorer chaque petit massif des Abruzzes. Un peu de ski dans les monts Sibilini – Un peu de ski dans les Monti della Laga – Un peu de ski dans le Gran Sasso et un peu de ski dans la Majella. Avec une excursion dans le Sirente. Un road trip entre montagne, villages hauts perchés, histoire de la vie depuis les fameux tremblements de terre de 2009 et 2016.
 
Au retour nous sommes repus d’une belle semaine. Les rencontres, les paysages, cette errance dans les massifs nous a enchantée. Parfois aussi très ému quand nous avons traversé les villages rasés par le tremblement de terre. Les oranges juteuses de l’hiver Sicilien ont été un régal pour nos pic nic. Bien que ce ne soit pas une spécialité culinaire des Abruzzes, les Arancinis nous ont surpris par ce gout de la Mozzarella entouré de riz presque grillé. Et puis comment oublié le Montépulciano qui après quelques verres adoucissait nos nuits.
 
Hier soir le train de Torino m’a déposé à Aoste à 20.30. Je suis passé des dizaines de fois dans cette ville sans jamais m’arrêté vraiment. Mon bus pour Chamonix étant à 22.45, j’avais deux heures à « tuer ». Mes gros sacs m’empêchaient d’aller déambuler dans les ruelles piétonnes. Alors je me suis simplement posé sur mon sac dans la gare routière. Tel un vagabond du dimanche soir. J’ai ouvert l’ordi et je me suis appliqué à tapoter sur l’ordi. Des jeunes en capuches sont passés me proposer d’aller boire un verre. C’était sympa mais j’étais bien sur mon sac, les caractères de mes écrits défilant sous mes doigts. Vers 21.30 Gabriella est venu m’interpeller pour savoir si le bus pour Paris de 22.45 serait à l’heure.
 
- Ah le bus que je prends pour Chamonix continue jusqu’à Paris ? `
- Mais qui aujourd’hui prend le bus pour un trajet aussi long ?
- Qui accepte de passer une nuit sur un mauvais siège trop étroit et pas assez allongé ?
 
Gabriella bien-sûr. Peut-être 65-70 ans. Elle partage sa vie entre sa maison de famille à Cogne et son appartement à Montreuil. Le regard vif, son visage est fin et légèrement maquillé. Il exprime toute la beauté de l’Italie. Un mélange de distinction, de raffinement. Je lui explique je viens de Rome en train. Que je suis allé skier dans les Abruzzes. Elle est surprise. Pas par le mode de transport, par le fait qu’il y est de la neige cet hiver. Elle trouve que l’hiver est bien sec en Italie. A cogne « il n’y a yien – c’est tou sec »
 
Le bus est arrivé. L’aide du chauffeur nous charge nos sacs dans les soutes. Le bus arrive de Milan. En montant dans le bus je découvre un melting pot de voyageurs. Des jeunes, des vieux, des personnes bien apprêtés, d’autres en survêt sans tenu. Il y a l’homme derrière mon siège qui doit passer des heures à choisir son complet après avoir pris soin de sa barbe au moins trois fois par jour. Il y a un jeune black, casque rivé sur les oreilles, il pianote sur son IPad. Les sièges sont trop étroits. Mon voisin à son coude dans mes côtes. Alors on s’excuse. On trouve une position pour quelques minutes qui ne dérange pas l’autre. Quand celui-ci tente de bouger on suit le mouvement.
 
Quand je descends du bus à Chamonix-sud, du fond du bus Gabriella me souris et me souhaite une bonne continuation.
Le train, le bus c’est le voyage avant le voyage. Mais c’est aussi le voyage après le voyage.
 
Merci Marco, vivement que l’on retravaille ensemble
Merci à tous pour cette envie partagée. Florence, Isabelle, Virginie, Martin, Pascal, Tim, Walter
Merci à toutes les rencontres
Ski dans les Abruzzes - approche en train
Ski dans les Abruzzes - approche en train
Ski dans les Abruzzes - approche en train
Ski dans les Abruzzes - approche en train
Ski dans les Abruzzes - approche en train
Ski dans les Abruzzes - approche en train
Ski dans les Abruzzes - approche en train
Ski dans les Abruzzes - approche en train
Ski dans les Abruzzes - approche en train
Ski dans les Abruzzes - approche en train
Ski dans les Abruzzes - approche en train
Ski dans les Abruzzes - approche en train
Ski dans les Abruzzes - approche en train
Ski dans les Abruzzes - approche en train
Ski dans les Abruzzes - approche en train
Ski dans les Abruzzes - approche en train
Ski dans les Abruzzes - approche en train
Ski dans les Abruzzes - approche en train
Ski dans les Abruzzes - approche en train
Ski dans les Abruzzes - approche en train
Ski dans les Abruzzes - approche en train
Ski dans les Abruzzes - approche en train
Ski dans les Abruzzes - approche en train
Ski dans les Abruzzes - approche en train
Ski dans les Abruzzes - approche en train
Ski dans les Abruzzes - approche en train
Ski dans les Abruzzes - approche en train
Ski dans les Abruzzes - approche en train
Ski dans les Abruzzes - approche en train
Ski dans les Abruzzes - approche en train
Ski dans les Abruzzes - approche en train
Ski dans les Abruzzes - approche en train
Ski dans les Abruzzes - approche en train
Ski dans les Abruzzes - approche en train
Ski dans les Abruzzes - approche en train
Ski dans les Abruzzes - approche en train
Ski dans les Abruzzes - approche en train
Ski dans les Abruzzes - approche en train
Ski dans les Abruzzes - approche en train
Ski dans les Abruzzes - approche en train
Ski dans les Abruzzes - approche en train
Ski dans les Abruzzes - approche en train
Ski dans les Abruzzes - approche en train
Ski dans les Abruzzes - approche en train
Ski dans les Abruzzes - approche en train
Ski dans les Abruzzes - approche en train
Ski dans les Abruzzes - approche en train
Ski dans les Abruzzes - approche en train
Ski dans les Abruzzes - approche en train
Ski dans les Abruzzes - approche en train
Ski dans les Abruzzes - approche en train
Ski dans les Abruzzes - approche en train
Ski dans les Abruzzes - approche en train
Ski dans les Abruzzes - approche en train
Ski dans les Abruzzes - approche en train
Ski dans les Abruzzes - approche en train
Ski dans les Abruzzes - approche en train
Ski dans les Abruzzes - approche en train
Ski dans les Abruzzes - approche en train
Ski dans les Abruzzes - approche en train
Ski dans les Abruzzes - approche en train
Ski dans les Abruzzes - approche en train
Partager cet article
Repost0

commentaires