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20 octobre 2014 1 20 /10 /octobre /2014 21:16

Aéroport Araucania, lundi 20 octobre

 

Après un ultime parcours de liaison, nous arrivons à Antuco le 17 octobre en fin de matinée, dans le but de gravir le volcan du même nom, y recherchons un lodge que Fred, le guide rencontré à Puerto Octay nous a chaudement recommandé, le trouvons mais n'y trouverons pas refuge car on nous n'avons pas réservé. C'est étrange, personne ne s'y trouve, nous insistons, vraiment vous n'avez pas un petit bungalow pour nous, mais non, pas de place pour nous. Finalement nous trouvons le refuge recherché dans un hôtel tout neuf, le seul de la région, cinq chambres, toutes les cinq pour nous, l'Eco Hôtel, c'est son nom, fait merveilleusement l'affaire, au pied de l'Antuco qu'un temps bien maussade cache à nos regards forcément curieux sinon anxieux.

Le lendemain tous en tenue de combat, Arva branchés, baudriers ajustés, nous nous retrouvons à 5h30 pour un petit déjeuner du genre succinct, ce n'est pas que l'Eco Hôtel fasse des économies sur les petits déjeuners, ni même qu'il soit conçu pour représenter un modèle ECOlogique en quoi que ce soit (malgré les intentions), mais il n'a pas encore l'habitude de traiter des sportifs de haut niveau...

Celui (le niveau) du plafond restant particulièrement bas, la pluie n'a d'ailleurs cessé de tomber toute la nuit, notre partie de volcan semble bien compromise. Nous débranchons les Arva, retirons nos baudriers, errons ici et là dans l'attente d'une fenêtre météo favorable quelques heures, puis convenons qu'il ne sert à rien de s'illusionner sur nos chances de randonner sur les pentes de l'Antuco aujourd'hui, et nous décidons par contre d'aller avec nos 4x4 faire quelques repérages sur place.

C'est dans un décor lunaire composé d'immenses étendues de laves ocres brunes mouchetées de plaques neigeuses, avec au fond les bords du lac Laja, que nous effectuerons cette partie de 4 roues motrices, bien utiles pour franchir quelques gués submergés par des eaux torrentielles, qui nous mènera à la frontière Chilio-Argentine. Nous mettons à profit cette balade pour repérer le lieu duquel nous partirons demain faire notre ascension, afin de nous éviter sur ce sol meuble, très agréable pour la descente mais pénible pour la montée, une trop longue marche pour rejoindre la neige. Au chapitre gastronomique de la journée, il convient de citer la dégustation de brochettes saupoudrées à la poussière de lave, proposées par deux cantinières adorables sur le bord de la piste. Au sortir de celle-ci, les pompiers d'Antuco nous proposent de verser notre obole à leurs bonnes œuvres, en échange de quoi ils nous lavent nos véhicules passablement maculés à la lance à incendie. Celle-ci n'hésitera pas, d'ailleurs, à se retourner contre nous...

Belle partie de pisco le soir avant notre dîner au restaurant de l'hôtel, belles parties de rigolades aussi lorsque Pascal se lance dans un numéro de conteur d'histoires, il en possède un répertoire inépuisable, sait les raconter et surtout les placer très opportunément.

Petit déjeuner à cinq heures cette fois-ci le 19, nous sommes à pied d'œuvre sur les pentes de l'Antuco dès 7h30, la visibilité est parfaite, le ciel dégagé, nos skis piaffent d'impatience, nous leur collons leurs peaux pour calmer celle-ci, et entamons notre progression sur des pentes très régulières et soutenues sans être par trop difficiles, la neige accroche parfaitement, le sommet paraît, comme toujours sur ces volcans, proche de nous, pourtant, pourtant...il faut encore et encore passer cette combe, puis cette contre pente, puis ce petit col, puis enfin le sommet semble à portée de nous, d'ailleurs nous apercevons, trois points noirs mobiles, bien petits encore.

Le spectacle qui s'offre à nos regards est tout simplement splendide, émouvant de beauté : volcans et sommets des Andes, lac Laja en contrebas, tandis que nous nous élevons et parvenons enfin au sommet qui culmine à près de 3000 m. Là nous retrouvons les trois points noirs que nous avons aperçus un peu plus tôt, et qui ne sont autres que Fred et ses deux tourtereaux.

L'heure n'est pas à se poser des questions sur la meilleure façon, pour un guide, de tenir la lanterne, mais tout de même, voilà plusieurs jours que Fred remplit cet office, et nous sommes admiratif de ses talents de guide également en cette sûrement bien délicate matière.

Ne nous égarons pas...quand l'heure de la descente approche, celle aussi de la fin de notre aventure chilienne. Dernière descente à nouveau « de cinéma » : neiges douces à transformées, consistances soyeuses à légèrement granuleuses mais toujours portant sans jamais trahir nos évolutions dont nos traces témoignent qu'elles constituent une chorégraphie presque, presque...irréprochable...

Irréprochable, c'est ainsi que l'on peut conclure notre équipée sur les volcans chiliens. De lot de consolation celle-ci s'est transformée en une découverte si gratifiante que nous en avons même oublié (parfois) la Géorgie du Sud.

Mais celle-ci est une autre histoire, qui ne fait que commencer...nous en avons vécu simplement le préambule, écrit l'avant propos.

Arnaud pour l'équipe...

Voici quelques photos. 

Et bien sur toutes les photos sur :  les volcans du Chili les volcans du Chili

 

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Published by jeanguide - dans Voyage Ski de rando
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