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7 juillet 2010 3 07 /07 /juillet /2010 16:37

Voilà un an que nous sommes rentrés Simon et moi de l'expédition au Noshaq. 

Une aventure fabuleuse que l'on aurait jamais cru pouvoir vivre. Tout est parti d'un coup de tel au mois de novembre 2008. Un certain Louis Menier me contacte pour me parler de son projet d'expédition en Afghanistan. 

Je suis à la veille de partir en expé au Népal et pas très dispo pour me projeter sur une expé future. Mais le mot Afghanistan résonne et je le rappelle 2 heures plus tard pour en savoir un peu plus .

De fil en aiguille Louis me livre son projet. On prend rendez vous pour le mois de décembre à mon retour d'expé pour faire le point sur ce qui est faisable.

Au retour du Népal Louis monte à Cham et m'explique l'idée : jamais aucun afghan n'a eu la possibilité de vraiment tenter de gravir le plus haut sommet de leur pays. Installé depuis 8 ans en Afghanistan il a lié des liens étroits avec 4 jeunes vivant dans les villages au pied du Noshaq.

Suite à des rebondissements, il lui manque un chef d'expé pour toute la partie haute altitude. Je fonce sur le projet car pour moi c'est un rêve d'aller en Afghanistan un jour. En étant honnête je n'y croyais plus qu'un jour je puisse aller dans le corridor de WAKHAN. Simon se joint au projet.

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Voilà ce que souhaitais Louis avant de partir :

Au-delà de l’exploit technique et physique que représente l’ascension du Noshaq,
l’expédition avait trois objectifs principaux.

Envoyer un message de paix
L’ascension du sommet du Noshaq par la première cordée afghane est un message fort du peuple afghan au monde entier. Le succès de cette ascension illustre la volonté de ce peuple attachant à surmonter les difficultés, à présenter un visage uni et à travailler à la réconciliation nationale.

Encourager l’unité et la fierté nationale
Dans le sillage de Rohullah Nikpai, médaillé de bronze aux Jeux Olympiques 2008 de Pékin, les alpinistes, en plantant le drapeau afghan au sommet du Noshaq, contribue à la renaissance de la fierté nationale. La conquête de ce sommet donne un espoir de renouveau et de réussite à un pays en mal d’unité et de reconnaissance internationale.

Poser les bases d’un développement durable

Ce projet ouvre la voie à d’autres expéditions en altitude et favorise le développement de l’économie locale à travers le tourisme.

Le contexte :

L’Afghanistan

En trois décennies, le pays a subi les pires horreurs qu’a générées la seconde partie du XXe siècle. L’occupation soviétique, sur fond de « guerre froide », puis la guerre civile entre moudjahidin, ces héros du Jihad qui n’ont tenu en échec l’Armée Rouge que pour mieux s’entretuer ensuite. Du chaos, un autre totalitarisme a surgi : le régime « fondamentaliste » des talibans, finalement chassés à grands coups de Tomahawks par les Etats-Unis d’Amérique en 2001. Depuis, la guerre civile entre les talibans et les forces occidentales alliées aux forces régulières afghanes sous l’égide de l’OTAN n’a cessé de faire des victimes, principalement dans la moitié sud du pays.

L’économie parallèle liée à la culture du pavot et à la production d’opium et d’héroïne est devenue florissante : l’Afghanistan a retrouvé sa triste place de premier producteur mondial. Même si certaines puissances se sont engagées pour le développement de l’Afghanistan, sa reconstruction, son déminage, la mise sur pied d’une économie durable et non mafieuse ne progressent que très lentement. Dans ce contexte, « Les Afghans au sommet » entend, à sa petite échelle, apporter un support marqué à une politique touristique encore balbutiante mais néanmoins porteuse d’espoirs pour les superbes et paisibles régions montagneuses du nord, le Wakhan et l’Hindu Kush…

Chronologie : Afghanistan, trente ans de cauchemar

• 1973 : le prince Daoud renverse le roi Zaher Shah et met fin à 200 ans de monarchie.
• 1978 : coup d’Etat appuyé par Moscou. Lutte féroce au sommet de l’Etat.
• 1979 : l’armée Rouge envahit le pays et place Babrak Karmal à la tête de l’Etat socialiste.
• 1986 : Mohamed Najibullah, prosoviétique, lui succède.
• 1988-1989 : retrait de l’armée Rouge tenue en échec depuis 8 ans par les moudjahidin.
• 1989-1992 : le régime de Najibullah résiste aux moudjahidin.
• 1992 : Najibullah démissionne ; les moudjahidin prennent Kaboul et le pouvoir.
• 1992 à 1996 : les « seigneurs de guerre » se déchirent entre factions ethniques. Kaboul connaît ses pires bombardements. La communauté internationale reste indifférente. Dès 1994, une milice fondamentaliste soutenue par le Pakistan et la CIA, les talibans, émerge dans le sud qu’elle contrôle en moins d’un an.
• 1996 : les talibans prennent Kaboul et imposent à la population leur vision extrémiste de l’Islam…
• 1998 : les talibans contrôlent 80 % du pays. Bombardement américain contre les camps afghans du milliardaire fondamentaliste Ben Laden, hôte d’honneur des talibans. 
• Octobre 2001 : début de l’opération « Liberté immuable », approuvée par l’ONU, en réponse aux attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis.
• Novembre 2001 : l’Alliance du Nord prend Kaboul
• Décembre 2001 : le gouvernement intérimaire multiethnique d’Hamid Karzaï est mis en place. La Force internationale d’assistance à la sécurité (ISAF) est créée sous l’égide de l’OTAN.
• Juin 2003 : attentat meurtrier contre l’ISAF à Kaboul.
• Août 2003 : batailles rangées dans le sud entre des talibans réorganisés et les forces afghanes soutenues par les troupes américaines, italiennes et françaises.
• Octobre 2004 : les premières élections nationales du pays depuis 1969. Hamid Karzaï est élu président, mais il n’est jamais parvenu jusqu’à aujourd’hui à imposer son autorité sur les chefs locaux.
• De 2005 à 2008 : les combats s’intensifient, faisant des milliers de morts.
• 2009 - Les Etats-Unis, sous la présidence de Barack Obama, annoncent l’augmentation du contingent militaire, tout en admettant que seule une solution négociée à l’échelle régionale, avec le Pakistan en particulier, permettra la fin des violences. Le diplomate Richard Holbrooke, l’homme des accords de Dayton qui ont permis le règlement du conflit en Bosnie, est chargé du dossier.

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Il serait long de raconter toutes les péripéties de cette expédition mais quelques moments forts sont incontournables :

- 3 heures après être arrivés au Tadjikistan, je perds mon passeport au bord d'une piste. Après 4 heures de route je m'en rend compte. On ferra 9h de 4x4 pour le retrouver par hasard sur le bord de la piste.

- On franchit la frontière Tadjik/Afghane : Louis, Jérôme, Malang, Amrudin, Gurkali, Afait nous attendent. Paysages de fou. Tout est calme, incroyable

- 2 jours après être arrivés au CB, coup de tel de la fondation Aga Kan pour nous avertir que l'armée montera nous chercher en hélico au CB car le ministère de la culture afghane a dénoncé ce projet !!!

- Le lendemain coup de tel de l'ambassade de France pour nous confirmer que tout est rentré dans l'ordre.

- A 6000m posé sur une plaque qui résonne sous mes crampons, je renonce. J'ai peur !!! De retour au camp tout le monde se tourne vers Simon et moi pour savoir ce que l'on en pense. Il faut rester fort, ne pas douter que la neige va changer, que le vent va s'arrêter.

- Quand Malang vient nous avertir au camp 3 à 6850m que Afiat a trop mal à la tête, Simon prend une décision forte mais la seule qu'il fallait prendre. Il descend de nuit avec Gurkali et Afiat au camp 2.

- Le passage de la barre rocheuse : trop beau, trop facile, incroyable en sortant sur le plateau on se croyait au sommet. 

- La longue trace interminable pour traverser les 2km de plateau à 7000m.

- L'abnégation de Simon quand il tend son piolet à Amrudin qui a oublié le sien pour franchir les 100 derniers mètres.

- La joie de laisser Amrudin et Malang passer devant pour les 50 derniers mètres, alors que 1/2 h plutôt ils n'y croyaient plus.

- Les derniers moments dans la tente avant de quitter le camp 4. Je sais que l'expé se termine, que toute la motivation retombe, qu'il va falloir rentrer...

- La fête en arrivant à Kaside.

- L'inquiétude sur le fait d'être obligé de transiter par Kaboul après le refus de pouvoir passer au Tadjikistan

- Kaboul et ses nuits !!!

Un projet que j'aimerais revivre.....peut être un jour à ski dans le corridor de Wahkan

      CB

Le Noshaq vu depuis le CB

 

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La traversée du Tadjikistan. Un grand moment

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Départ de la marche d'approche depuis Quasideh. Les 4 tigers motivés

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La longue file des porteurs. 83 au total.

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Il vaut mieux traverser les torrents tôt le matin. 

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Champ de mine à traverser !!! On reste groupé et on fait attention.

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Le CB sous la neige

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Merci le GMHM pour cette superbe tente mess

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C'est parti    

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Afiat, un futur guide ? Très bon niveau technique

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Inch Allah nous allons tenter le sommet !!!

Sommet

 Et voilà Amrudin et Malang sur le toit de leur pays. En arrière plan on aperçoit le Tirich Mir, projet que je rêvais de faire en 2006

Merci à Louis pour ce projet, Merci à Jérôme pour ton pep's, merci à vous 4 les Tigers du Wahkan (Malang, Amrudin, Afiat, Gurkali) pour m'avoir acceuilli chez vous. Et toi Sim de m'avoir laissé aller au sommet avec eux quand tu redescendais pour installer le camp 4.

 


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Published by jeanguide - dans Expédition
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commentaires

Franck Mazas 12/08/2013 16:35

Bonjour,
J'étais au Wakhan à l'été 2012, justement pour faire le Noshaq. L'accès au camp de base nous a été interdit par la border police, nous nous sommes rabattus sur la vallée de Kishni Khan. Avec un an
de retard, je transmets les salutations de Malang à ses guides français !
Salutations montagnardes,
Franck Mazas