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30 juillet 2011 6 30 /07 /juillet /2011 10:00

 

De retour d'un petit road trip escalade dans le Devoluy.

Cham est sous la neige. Toutes les faces sont chargées et ingrimpables donc il faut fuir.

 

Avec Patrick, compagnon du Freney il y a 2 ans, nous avions prévu d'aller à la Gugliermina mais il faut bien se résoudre à abandonner ce projet.

Jean-Pierre, compagnon de l'arête du Tronchey il y a 15 jours, est dispo aussi.

On file donc à 4 (Simon complete le quatuor) pour tenter le Pilier Demaison au Pic de Bure.

 

Pour moi ce pilier a une histoire particulière. Cela fait 3 fois que je le tente et à chaque fois les condtions ne m'ont jamais permis de dépasser la 5ème longueur. Quand j'étais gamin, avec mon père nous avions fait une tentative mais la pluie nous avait arrêtés. Il y a 3 ans avec les stagiaires guides, le froid et le vent nous avaient repoussés. 

En arrivant à St Etienne en Devoluy il pleut. Doute ? Bon on serre les dents et on verra. On monte dormir dans le camion le plus haut possible. Réveil 4h30. Brouillard mais la pluie s'est arrêtée. On file. Sous le col pour accéder à la face Est le brouillard se déchire et laisse apparaitre le pilier. Trop beau. Les premiers rayons de soleil viennnent lécher la paroi. Arrivés au col le vent se lève, le brouillard revient. Ca caille. Le doute revient. Les pieds trempés par l'herbe mouillée commencent à geler. Demi-tour et direction Céuse pour une belle voie dans la grande face : Natilus. Une traversée ramping mémorable au dessus des surplombs.

 

Le soir "same players shoot again" on remonte dormir sous le Pic de Bure en espérant que le lendemain les conditions soient top : pas de vent pas de brouillard. Reveil de nouveau à 4h30 et c'est parti. Par contre 2 autres cordées nous suivent. Petit booster pour monter au col. Pas trop envie d'être dernier. Le brouillard nous aide car une cordée de jeunes nous double mais se perd dans l'approche. Au pied on découvre qu'un autre guide a eu la même idée. Cool c'est Bruno Ravana qui connait la voie par coeur.

 

La suite c'est 600m d'escalade superbe. La 2ème longueur réveil un peu avec ses pas d'artifs. A chaque relais je repense à Demaison quand il a ouvert cette voie. Trop trop classe. Sur le pilier, on est dans un océan de rochers, une paroi raide, du vide entre les jambes et un paysage superbe.

Pas une longueur n'est à plat. Dans chacune ca grimpe. C'est vrai que les 5 premieres sont les plus dures techniquement mais la suite n'est pas a négliger. Le rocher est parfois aléatoire et demande de la vigilance. Le cheminement aussi demande de la concentration. Au niveau équipement on trouve les relais plus ou moins bien équipés. Parfois il est judicieux d'en sauter un parfois non en fonction du tirage.

 

16h, sommet il ne reste plus qu'à plier les cordes et trouver la descente dans le brouillard et puis rallumer le portable !!!!

 

Voici quelques photos :

 

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The pilier Demaison

 

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Le camion en version "Road trip"

 

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Depart avant le chant du coq !!!

 

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Irlande ? Ecosse ? Mousson au Népal ? non c'est normal fait toujours ce temps là ici !!!

 

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Purée ça caille !!! zon oublié de mettre les résistances électriques dans le buff

 

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Natilus à Céuse.

 

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Monstre beau cette fissure

 

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Simsim aussi à l'aise dans du 4 que dans du 8

 

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J'adore les traversées !!!

 

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Retour le lendemain au pilier Demaison - Première longueur

 

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Les brumes qui débordent.

 

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La longueur d'artif.

 

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JP au top. A croire qu'il a fait ça toute sa vie

 

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Y'en a qui verront pas le soleil aujourd'hui...

 

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Patrick aux prises avec la longueur 6b.

 

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Et encore une traversée mais cette fois de 30m. J'en connais une qui aurait adoré !!!

 

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Mister brouillard se remet de la partie. Au moins on n'a pas trop chaud.

 

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Le dièdre dans les dernières longueurs. Quelques prises tiroir

 

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Là....y'a du gaz à tous les étages

 

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Summit.......

 

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La lente descente ou l'on hésite entre les differentes combes. Comme on aime chercher, errer, on plonge dans le première. Nickel on trouvera le rappel.

 

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Retour sur le plancher des vaches ....

J'adore ces paysages. Particulièrement en fin de journée. Cela me rappelle les Dolomites. Un mélange de vallons remplis d'herbes, douces et grasses et de faces abruptes aux immenses pierriers.

Ce soir tout est calme. Pas de vent, pas de bruit, juste quelques marmottes qui rejoignent leur terrier. Je me poserais bien quelques heures dans cette herbe pour repenser à la course. Refaire les longueurs, réimaginer l'ambiance. Mais aussi laisser venir le soir doucement. Se laisser envahir par le froid, l'humidité, voir le jour descendre, sortir un bout de pain et grignoter.

Mais non il faut retourner en bas. Se faire rattraper par les pensées, attendre des appels. Mais aussi prendre des décisions face aux conditions en montagne pour les jours suivants.

 

J'adore cette intensité que génèrent ces courses, la concentration que cela demande, l'envie que cela suscite mais les retours sont souvents frustrants.

 

Alors il faut créer les jours suivants en montagne.

 

Merci JP et Patrick de nous avoir fait confiance.

 

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Published by jeanguide - dans Escalade
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